Mai 2016 Sierra de Guara. Nocito. Journée 1

Mai 2016 Sierra de Guara. Nocito. Journée 1

Trois précurseurs en préambule à ce séjour d’une semaine : Arnaud, Marc et Olivier.

Nous démarrons du pueblo d’Arguis, transformé en camp de base pour la construction de la nouvelle route du col de Monrepos, vaste chantier reliant Sabinianigo à Huesca. Ouvrage titanesque ouvert au début des années 2000, jalonné de spectaculaires ponts et tunnels, il épargne heureusement le massif de la Sierra de Guara, dont il marque la limite occidentale.

Nous commençons par la route qui monte de Arguis jusqu’au sommet du Pico de Aguila. Du sommet, s’étend un vaste panorama. Au Sud sur la plaine de Huesca, fermée par la barre des Monegros. Au Nord,  la chaîne des Pyrénées sert d’horizon à perte de vue. A l’Est les vallées successives de Belsué, Nocito et Bara qui seront notre terrain de jeu pendant toute la semaine.

Pour la descente, nous empruntons un des nouveaux sentiers de rando balisés créés par la Comarca,  grâce à la connaissance approfondie du site et à la ténacité de Bertrand, guide cavalier qui tient l’auberge la Malata de Nocito.

Il  commence par une assez longue traversée sur un petit sentier sinueux et pas encore lissé par le passage répété des randonneurs. Assez vite, le sentier s’incline de plus en plus. Toujours aussi  « rugueux » il s’achève par une série de zigzags très serrés et  bien pentus, jusqu’au col de Meson Nuevo. Là, je réclame une petite  pose pour décontracter les mains, crispées sur les freins pendant ce passage de voltige. Notre position, sur le col qui surplombe Arguis, nous offre deux options : Retour aux voitures pour conclure cette « petite rando d’ouverture » ou « petite rallonge » par le lac de Belsue. Comme nous n’avons jusqu’à présent que 14km et 700M de dpc à peine, le choix est vite fait et nous plongeons vers le lac (pour une fois qu’il y a de l’eau…). Au total, la « petite rallonge » nous mettra à 1100 dpc et 37 km, mais nous ne le savons pas encore (du moins pas tous…).

La descente vers  le lac est un régal. Bien technique mais sans pièges, même si le manque de fréquentation laisse le sentier encombré de quelques solides ronces et passages caillasseux. En fait nous sommes sur le chemin antique qui reliait Arguis et Belsue bien avant l’arrivée des voitures et du nouveau tracé goudronné qui emprunte le versant nord de la vallée – nous l’emprunterons pour remonter à Meson Nuevo « un peu plus tard » dans la journée.

Aux abords du  village de Belsue, réhabilité depuis quelques années, nous croisons un vestige de l’activité agricole, qui a perduré dans toute la vallée jusqu’à l’exode rural des années cinquante et se cantonne à présent sur quelques arpents  les plus accessibles.

Arnaud décide de tester ce modèle de deux-roues pour la fin de la rando. Mais on ne sait pas qui sera le « caballo ».

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Nous empruntons  ensuite un  vallon caractéristique des « malas Tierras », ces terrains érodés de leur terre arable, où seuls subsistent  la roche et le substrat aride. Il nous mène à la pardina de Ascaso, petit hameau abandonné qui surplombe le Rio Flumen. Celui-ci  arrive directement du Puerto de Monrepos en une succession de larges cascades et de petits bassins où l’eau se réchauffe rapidement. Heureusement pour nous car, fin mai, les cours d’eau ne sont pas tous aussi chauds ! Après un petit plouf revigorant, nous rejoignons  la rive du lac

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et piquons plein sud vers l’entrée des immenses falaises des gargantas de Cienfuens.

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Nous franchissons le spectaculaire  barrage de l’embalse, pour remonter vers la rive haute par un petit sentier « technico-ludique » au début mais qui se perd dans les parcelles cultivées.

Après quelques hésitations, nous retrouvons la piste qui rejoint l’asphalte pour rejoindre Meson Nuevo. Montée roulante et efficace, avant l’ultime descente (pas le meilleur souvenir) sur Arguis.

36,5 km / DPC 1100 : Juste une mise en jambes !

Arguis Belsue

 

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Après un repas sympathique à Arguis, Casa Migalon, et  une nuit en « camping-voiture » au bord de la petite route (qui mérite une prochaine exploration…) reliant  Arguis au lac de La Pena, nous allons rejoindre le gros de la bande ITZULIAK (pas de noms…) qui arrive pour sa première journée.

 

Luz Saint Sauveur octobre  2016.

Luz Saint Sauveur octobre 2016.

Six jours du coté de Luz Saint Sauveur entre le cirque de Troumouse et le pic du midi de Bigorre. Au final près de 5300 mètres de dénivelé positif mais grâce a un savant jeux de navette près de 8800 mètres en descente.

Une ascension du pic du midi de Bigorre un jour ou la mer de nuage avait descidé de pas se lever en dessous de1800 mètres d’altitude.

 

 

 

 

 

 

 

séjour en Aragon aux Mallos de Riglos mai 2016.

séjour en Aragon aux Mallos de Riglos mai 2016.

Six jours en Aragon au pied des Mallos de Riglos. De la pistasse au milieu de décors somptueux entre le amandiers et les oliviers centenaires, mais également un très beau et exceptionnel single de près de trois quart d’heure en descente!

 

 

 

 

 

 

 

Rando du siècle en Aragon

Rando du siècle en Aragon

 

28 mars 2016 : LA RANDO VTT DU SIECLE !

 

Merci à Agnès qui nous a fait découvrir un site inoubliable. Paysages, Faune rare. A vtt, montée roulante et descente hurlante !

Après deux journées ensoleillées, nous nous réveillons sous un petit crachin breton et un ciel maussade. Nous envisageons un retour anticipé et une visite des musées à Pampelune. Heureusement, le lundi ils sont tous fermés. Notre optimisme forcené nous fait entrevoir un coin  de ciel bleu et c’est parti. Onze  km de montée à partir du village, intégralement sur une bonne piste. Au bout d’une heure et demie, je sors de la forêt, ou plutôt de ce qui en reste (voir plus loin). La vue sur les crêtes en dentelle sont à couper le souffle (en arrière plan, la Pena Oroel, vous savez, celle où Claude surgit du néant)

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Attention cependant. Cette rando, émaillée de multiples dangers, n’est pas un long fleuve tranquille :

Comme vous le savez certainement, on a relevé ces dernières années plusieurs attaques de bétail par le vautour fauve, affamé par la suppression des aires de nourrissage. Or, rien ne ressemble plus à un bœuf gras que le vététiste en pleine ascension, courbé sur les cornes de son guidon et dont la sueur dégage une odeur bestiale (enfin, au moins pour ceux qui transpirent dans les montées, ce qui n’est pas mon cas, cause pour laquelle je n’ai pas été inquiété… mais je ne serais pas aussi serein pour certains itzuliakistes).

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   Prudence donc, en particulier à l’approche du col, faites en sorte de rouler discrètement afin de ne pas effaroucher les bandes de Gyps Fulvus perchés en guirlandes sur les crêtes qui vous entourent.

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Qui l’a dit ? c’est Wiki (pédia) : le vautour fauve se nourrit principalement d’animaux domestiques morts (moutons, vaches). En revanche, des attaques de vautours à l’encontre de bétail vivant sont recensés dans la chaîne pyrénéenne, aussi bien du côté français que du côté espagnol. Pas moins de 1 165 cas d’attaques de bétail domestique par des vautours fauves ont été recensés en Espagne pendant la période 2006 – 2010. Cette recrudescence des attaques de vautours fauves, faits exceptionnels pour des animaux exclusivement charognards, pourrait être liée à la modification de la législation européenne en 2002 pour les conditions sanitaires de l’élevage qui aurait amené à une réduction de la charogne disponible pour les vautours, combinée à une augmentation de la population de ces animaux et à une concurrence accrue avec d’autres espèces pour les ressources alimentaires………Je dirai même plus :………………..!

Attention également aux Thaumetopoea pityocampa qui au printemps traversent la piste en troupeaux. Les plantations intensives de pins s’avèrent une catastrophe écologique. Toute la région est infestée de ces chenilles processionnaires dont les nids  étouffent les arbres, rendant souvent le paysage forestier quasiment  lunaire.

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Encyclopédie wikilok : Évitez si possible de rouler dessus car les poils urticants sont extrêmement volatiles et provoquent conjonctivite, irritation des muqueuses et des voies respiratoires, vomissements et douleurs abdominales, brûlures très graves et nécrose des tissus infectés ! (désolé, je n’ai pas trouvé de photo de tissus nécrosés).  Comme la bande d’abrutis qui circulent « le dimanche au Pays Basque mais pas que » sur leur vtt, les chenilles processionnaires du pin sont connues pour leur mode de déplacement en file indienne, provoquant un affaiblissement important chez certains sujet ayant présumé de leurs capacités. Seule la première de la file a des yeux. Toutes les autres sont aveugles, ce qui explique le pourcentage important de pertes sur les chemins de montagne.

Quant à moi, j’ai failli être éjecté par un vieux Sus Scrofa solitaire qui a déboulé du talus au dessus de moi et m’a coupé la route. Heureusement c’était au 7e km de montée et j’avais légèrement réduit ma vitesse de progression. C’est un des avantages du vtt : En montée on ne fait aucun bruit, ce qui permet de surprenantes rencontres, sauf bien-sûr quand les participant(e)s ont encore un peu de souffle et arrivent à papoter en pédalant.

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Nota : Vous aurez bien noté qu’il m’a fallu cette fois-ci être beaucoup plus rapide pour prendre la photo que pour les traversées de chenilles. C’est à ça qu’on reconnait les pros du reportage.

Professeur Nimbus (source wikilok) : Comme l’adhérent type d’Itzuliak, Sus Scrofa est un mammifère omnivore, forestier, proche du porc. Cette espèce abondamment chassée est aussi considérée comme une « espèce-ingénieur » c’est à dire capable de développer des stratégies d’adaptation à tout type de pressions (surtout la blonde). L’avant-train est puissant, le cou massif. La tête (hure) a une forme globalement conique. Les flancs sont comprimés (sauf pour certains spécimen que nous ne nommerons pas). Le pelage est constitué d’un épais duvet. La taille du mâle est plus importante que celle des femelles. Sa queue moyennement longue (25 à 30 cm) se termine par un long pinceau de soies. Généralement, elle est pendante quand l’animal est calme et bien dressée s’il est inquiet ou en colère.

La veille, au campement, maître goupil était venu nous rendre visite, se rapprochant progressivement pour croquer les os de poulet que nous lui lancions, grimpant aux arbres pour attraper quelques morceaux !

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Un peu d’Histoire : Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, le renard est appelé un goupil. Le terme actuel de renard, pour désigner l’animal, n’est autre que le prénom Renart donné au goupil héros du « Roman de Renart » . Au centre de ce recueil d’histoires imaginaires, Renart le goupil est très rusé et les tours qu’il joue aux autres animaux et aux humains ont rendu le personnage très célèbre (on disait : « malin comme Renart »). De ce fait, son prénom s’est substitué à goupil.

La suite du parcours est un pur régal : Arrivé au col, panorama au nord sur la chaîne pyrénéenne enneigée et au sud sur l’aride massif des mallos d’Aguero. La piste bascule sur le versant sud et on la quitte rapidement pour un petit tronçon légèrement cafouilleux, pour respecter la tradition. Puis, le passage au pied de la Osqueta sur plus d’un km, est quasiment hallucinant (c’est de plus en plus difficile de trouver des superlatifs mais dans le cas présent, c’est justifié !). Vous serez sur une autre planète. En faisant face à la vallée, vous saurez ce que veut dire être dos au mur !

Quand je suis passé, j’avais enfilé ma petite laine, le kway et remonté mes chaussettes. Grâce à mes super knickers, j’étais ainsi efficacement et élégamment équipé pour affronter le vent du sud (qui, sur ce versant des Pyrénées est un vent froid, c’est bien connu).

Dico : L’effet de foehn est un phénomène météorologique créé par la rencontre de la circulation atmosphérique et du relief quand un vent dominant rencontre une chaîne montagneuse. Le nom vient de foehn, nom donné à un vent fort, sec et chaud dans les Alpes. L’air situé sur le versant ascendant subit un refroidissement, ce qui augmente son humidité relative jusqu’à possiblement saturation. En aval de l’obstacle, l’air redescend et se réchauffe, ce qui dégage le ciel de ce côté.

Mais par temps chaud, comme cela arrive parfois dans ces contrées sauvages, au mois de juin par exemple, vous pouvez faire cuire un œuf sur le porte-bagage. Encore faudra-t-il avoir emporté un œuf cru, ce qui à vtt est plutôt étrange. Mais dans ce cas, tant qu’à faire, n’oubliez pas le sel, ce serait dommage.

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Avec beaucoup d’attention, vous aurez peut-être le privilège, comme ma moitié, d’apercevoir le splendide « oiseau papillon » Tichodroma muraria. En français Tichodrome- Echelette, en Castillan Treparriscos.

tichodrome-pano    Trop beau !  je vous en donne une 2e :

Tichodrome échelette. Famille des Tichodromidés. Ordre : Passériformes

Le saviez vous ? (source wikilok) : Comme certains membres de Itzuliak, le tichodrome serait un gros dormeur, disparaissant tôt le soir dans une fissure pour y passer la nuit, et ne reprenant son activité qu’assez tard le matin, après les autres espèces. D’une tonalité élevée, ses émissions vocales sont variées et mélodieuses mais, à force, assez entêtantes. En raison de son mode de vie et de l’inaccessibilité de son milieu, l’alimentation du tichodrome est mal connue, surtout en hiver.

Après quelques centaines de mètres, la perspective sur cette « vire à bicyclette » pourrait devenir angoissante : L’à pic au dessus et au dessous et l’absence d’issue visible, inciteraient presque à faire demi tour. Jusqu’à voir surgir la porte de sortie, spectaculaire encoche dans la falaise, visible depuis le village 700 mètres plus bas mais insoupçonnable tout au long de la progression sur la farra.

Le site est particulièrement recommandable pour la pause casse-croûte : Selon le sens du vent, vous choisissez la face la mieux exposée et profitez de toutes façons d’une vue magnifique.

Mais ce n’est pas fini : Un sentier trialisant sur 4 km, par temps sec un vrai bijou ! traverse de part en part le décor somptueux que l’on a surplombé pendant la montée. Il franchit un village abandonné riche d’Histoire, avant de nous ramener au village où nous attendent, chez l’aubergiste,  le demi bien frais et un repas, aux petits oignons.

Pour ceux qui voudraient venir en famille, on peut coordonner ce parcours avec des marcheurs qui feront un circuit plus court en sens inverse. C’est ce que nous avons fait pour nous retrouver à l’heure du piquenique au niveau de la brèche. D’autres randos peuvent être ainsi préparées.

L’auberge du village est accueillante  et propose un superbe dîner à 18€ et la demi-pension à 55. Nous avons posé le ccar quelques centaines de mètres après les maisons pour  passer la nuit. Tranquillité assurée.

 

 

rando Etxalar 23 mars 2016.

rando Etxalar 23 mars 2016.

Rando au départ d’Etxalar : 38 kilomètres pour 1150 mètres de dénivelé. On a été obligé de raccourcir le parcours prévu a cause des problèmes de digestion de certain.

 

Première difficultée franchi avec succès pour certains moins pour d’autre…

Et hop une petite descente

 

Technique de ventilation du cidre basque bien maitrisée par un expert de la descente

Après un « bref » arrêt au restaurant Etxebertzeko Borda pour finir la rando une piste cyclable de 4 kilomètres en pleine forêt (un aqueduc en béton qui capte les eaux).

 

 

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